Poème
de Dejanire
N'oubliez
pas l'enfant
N'oubliez
pas l'enfant, qui se lève le matin,
Quand
vous dormez encore d'un sommeil serein,
Il
a les yeux rougis par les brumes du matin,
Qui
lui cachent ses cernes, jusqu'au lendemain.
N'oubliez
pas l'enfant, qui a les doigts brisés,
A
remuer la terre, à tisser des tapis,
Des
petits doigts si fins et jamais caressés,
Qu'il
est dur de comprendre qu'ils soient déjà jaunis.
N'oubliez
pas l'enfant qui ne sait plus rêver,
Quand
il vend son jeune corps, lorsque la faim le prend,
A
d'immondes pervers, puissants et protégés,
Et
qui souillent de leurs mains, la pureté d'un enfant.
N'oubliez
pas l'enfant, qui ne sait plus pleurer,
Sous
le coup du destin, qui l'a pris en otage,
Il
ne sait même pas rire, il n'a jamais joué,
Vieillard
de huit ans, il a perdu son âge.
N'oubliez
pas l'enfant, vous qui les aimez tant,
Observez
son regard, l'espace d'un instant,
Et
dans ses yeux profonds, vous lirez nettement,
La
noblesse de son cour, qui en fait un géant.
N'oubliez
pas l'enfant, qui se lève le matin,
Qui
sous d'autres soleils aurait pu s'épanouir,
N'oubliez
pas l'enfant, au tragique destin,
Avançant
dans sa nuit, qui le voit s'évanouir.
N'oubliez
pas l'enfant, n'oubliez pas l'enfant.
Retour
index:
Poêmes
// Accueil