2005, ANNEE EINSTEIN
  14 Mars 1879:
FÊTE D'ALBERT EINSTEIN



2005, ANNEE EINSTEIN
Einstein ou le paradoxe du mythe ignoré

Il y a un siècle, un jeune expert à l’office des brevets publiait quatre articles scientifiques révolutionnaires. 50 ans après sa mort, les découvertes d’Einstein peuplent notre quotidien, mais nous restent étrangères. 2005, "Année de la physique" et "Année Einstein", fait de nous des savants fous.

ous l’égide de l’ONU et de l’UNESCO et à l’initiative de l’Union Internationale de Physique Pure et Appliquée (IUPAP) et de l’European Physical Society (EPS), l’année 2005 a été déclarée "Année de la physique". Objectif avoué : faire prendre conscience à la population de l’impact concret des théories scientifiques sur leur quotidien, leur faire mesurer les enjeux de la recherche, notamment d’un point de vue éthique, tenter de rendre la physique plus accessible, amusante et désirable. Car, comme le disait Albert Einstein , à qui l’on rend par la même occasion un hommage plus qu’appuyé, "la plus belle chose que puisse vivre l’homme, la plus profonde aussi, c’est la perception du mystère."

Année de la physique par-ci, Année Einstein par-là
Dans toute la France ont lieu des manifestations de natures très variées : expositions, conférences, débats-citoyens, événements dans des lieux publics, actions multiples en milieu scolaire, spectacles mêlant art et science, films et multimedia… Autour des pures sciences physiques, mais aussi, de manière pédagogique, autour de leurs implications quotidiennes et artistiques. Ainsi, pour ne citer qu’elles, l’exposition sur "la lumière apprivoisée" au Château du Bosc en Midi-Pyrénées interrogera-t-elle dès juillet le rapport entre la physique et la peinture au temps de Toulouse-Lautrec. A Paris, c’est toujours la lumière qui est au centre du débat de la manifestation "Lumière, Couleur Dialogue Art et Science". Et lorsque la scène interroge la science, cela donne 'Oxygène', une pièce de théâtre de Carl Djerassi et Roald Hoffmann, prix Nobel de Chimie, qui sera créée en octobre à Toulouse.
Si c’est bien la discipline générale qu’est la physique que l’on met à l’honneur en France, Einstein n’en est pas moins au coeur du projet. Ainsi, la Cité des Sciences et de l’industrie a été le lieu d’une "expo-dossier" autour du savant, de mars à septembre dernier. Cette brève mais complète exposition dressait un bilan des découvertes du célèbre scientifique "100 ans après". Aménagée en quatre parties didactiques et pédagogiques, elle revenait sur les fameux articles fondateurs, explorait le monde de l’infiniment petit, puis de l’infiniment grand, avant de faire un tour d’horizon de la recherche actuelle. Entre deux écoutes au casque des éclairants témoignages de physiciens contemporains, on s'arrête béats devant les manuscrits d’Einstein, sur lesquels les formules se suivent d’une écriture minutieuse et serrée, et dont la nature anecdotique n’enlève rien à la fascination qu’ils provoquent.
Allemagne, année 2005
En Allemagne, c’est plus précisément l’inventeur de la théorie de la relativité que l’on fête. L’occasion d’aller voir à Berlin la grande exposition intitulée "Einstein - ingénieur de l’univers" qui lui est consacrée au Kronprinzenpalais, d’assister à la réouverture de la tour Einstein à Potsdam, à celle de la résidence Einstein à Caputh, et de voir se réunir plus de trente prix Nobel discutant des avancées de la physique du siècle passé.
bErn=mc2…
Tel est le "jeu de formule" employé par la ville de Berne pour rendre compte du centenaire des découvertes d’Einstein. En Suisse, c’est en effet principalement dans cette ville que le génial fantôme à la fameuse langue tirée réapparaîtra. L’appartement dans lequel il vécut entre 1903 et 1905 sera réouvert le 22 avril, après une très légère rénovation laissant intact le salon dans lequel il eut l’intuition géniale de mettre en question le concept de temps. D’autre part, une grande exposition, "Einstein 05 - Rencontrer Einstein, expérimenter la physique" ouvrira en juin prochain au Musée historique de Bern.

Alors, cent ans après ?
Les articles parus en 1905 dans la revue ‘Annalen der Physik’ révolutionnent non seulement le petit monde de la physique, mais aussi la perception commune de grands concepts tels que le temps, l’espace ou la matière. Enfin…ils auraient dû… car si les théories einsteiniennes sont aujourd’hui admises et célébrées partout dans le monde scientifique, si une grande partie de la recherche fondamentale a pour objectif de les développer, le commun des mortels continue cependant à parler du temps, de l’espace, et de la matière comme il le faisait au XIXème siècle. C’est ce que déplore Thibault Damour, physicien et auteur d’un ouvrage passionnant intitulé ‘Si Einstein m’était conté’, dans lequel il dresse un portrait scientifique du prix Nobel. "Loin d’avoir été assimilées par tout un chacun", écrit-il, "les révolutions einsteiniennes sont simplement ignorées." Car les découvertes dont on parle dépassent de très loin - comme souvent - les préoccupations purement scentifiques. Il est, de fait, encore extrêmement complexe et ardu de comprendre la notion de temps non pas comme un flux, un absolu, mais comme un relatif, pouvant ralentir selon la vitesse de l’observateur… Certes, dans des conditions bien particulières et très abstraites. Néanmoins, il semble dommage que l’opinion commune n’ait pas plus fait sien un tel changement de paradigme… D’autant plus que les implications techniques permises par les découvertes d’Einstein nous entourent au quotidien. GPS, laser, microéléctronique… et, semble-t-il - de manière joyeusement plus abstraite - bombe atomique.
Un pacifiste inventeur de l'arme nucléaire ?
C’est bien là une des polémiques présentes autour de l’héritage que nous laisse Einstein : grâce, ou à cause, de sa formule bien connue "E=mc2", qui mettait en équivalence la masse et l’énergie, le physicien aurait permis l’invention des centrales nucléaires… et de la bombe atomique. Faux, s'insurge Thibault Damour, celle-ci aurait très bien pu être créée "sans qu’il soit jamais besoin de faire appel à l’équivalence entre masse et énergie". Quoiqu’il en soit, l'histoire retient avant tout d'Einstein qu'il fut un fervent pacifiste, lui qui écrivit : "Qu’un homme puisse prendre plaisir à marcher en formation au rythme d’une fanfare militaire suffit à me le rendre méprisable." Voilà enfin, pour les pauvres néophytes que nous sommes, quelque-chose de simple à comprendre.


PHYSICIEN ALLEMAND (ULM 1879- PRINCETON 1955)

Dans les années 1870, l’Allemagne réalise son unification sous l’égide de la Prusse. D’une simple région où se confrontaient les intérêts des pays européens, l’Allemagne est passée à un Etat puissant et fortement industrialisé. C’est le 14 mars 1879, dans un climat de glorification de la force et de la culture allemande, que naît Albert Einstein. Fils d’une famille juive peu pratiquante, Albert Einstein est un enfant solitaire. Ses professeurs voient en lui un élève lent et moyennement doué. Cette opinion vient du fait qu’il ne porte aucun jugement hâtif et qu’il mûrit longuement chaque réflexion. Au début de l’année 1895, Einstein a 16 ans. Ecśuré par la discipline militaire qui règne au sein des Gymnasium (les lycées) et face à l’hostilité de certains de ses professeurs, il part rejoindre ses parents installés en Italie quelques temps plus tôt après un revers de fortune. Sa décision est confortée par son refus de faire son service militaire. Il décide alors de préparer le concours de l’Ecole polytechnique de Zurich. Il l’obtient à la deuxième tentative, en 1896. Einstein y fait la rencontre de Mileva Maric, étudiante en mathématiques et en physique. Il ne l’épousera qu’en 1902, après la mort de Hermann Einstein qui s’opposait farouchement à ce mariage.

Malgré son diplôme obtenu en 1900 et une première publication sur la capillarité en 1901, son esprit indépendant et son caractère frondeur lui interdisent un poste d’assistant à l’université. Ce n’est qu’en juin 1902, après une période de chômage, qu’il obtient le poste d’expert auprès du Bureau des brevets de Berne. Ce travail lui offre une réelle liberté car il peut réfléchir aux problèmes de physique le soir après sa journée de travail.


Einstein est sûrement le seul physicien dont la qualité de l'oeuvre et le prestige égale celui de Newton. Ses travaux touchent à de nombreux domaines de la physique : mécanique, relativité, effet photoélectrique (qui lui donnera un prix Nobel), mouvement brownien, physique statistique etc. Nous nous pencherons ici que sur cette partie de son oeuvre, que l'on considère comme majeure aujourd'hui : La découverte de la théorie de la Relativité Restreinte, puis Générale. Il est intéressant de noter qu'Einstein obtint le prix Nobel en 1921 pour ses travaux pour l'effet photoélectrique, qui comparés à la théorie de la relativité, apparaissent presque aujourd'hui comme mineurs dans son oeuvre scientifique.  

On sait qu' Einstein a créé la physique du XXème siècle par ses travaux sur la relativité et les quanta. Mais que sait-on vraiment des idées essentielles apportées par Einstein ? Comment les a-t-il trouvées ? Que doit-on retenir aujourd'hui des bouleversements conceptuels inaugurés par lui ? A travers le choix de scènes concrètes de la vie d'Einstein, ce livre donne à voir la formation de ses théories. Il nous entraîne aussi dans une réflexion sur leur impact philosophique. Comment penser le temps après la théorie de la relativité, qui enlève tout sens au "maintenant" et montre que des jumeaux peuvent ne pas avoir le même âge ?

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