Le chat domestique (Felis
silvestris catus) est un mammifère carnivore de la famille des félidés.
Il est l’un des principaux animaux de compagnie et compte aujourd’hui une
cinquantaine de races différentes reconnues par les instances de
certification.
Essentiellement territorial,
le chat est un prédateur de petites proies comme les rongeurs. Les
chats ont diverses vocalisations dont les ronronnements et les miaulements,
bien qu’ils communiquent principalement par des positions faciales et corporelles
et des phéromones.
Selon les résultats
de travaux menés en 2006 et 2007, le chat domestique est une sous-espèce
du chat sauvage (Felis silvestris) dont il a vraisemblablement divergé
il y a 130 000 ans. Les premières domestications auraient eu lieu
il y a 8 000 à 10 000 ans au Néolithique dans le Croissant
fertile, époque correspondant aux débuts de la culture de
céréales et à l’engrangement de réserves susceptibles
d’être attaquées par des rongeurs, le chat devenant alors
pour l’homme un auxiliaire utile se prêtant à la domestication.
Tout d’abord vénéré
par les Égyptiens, il fut diabolisé en Europe au Moyen Âge
et ne retrouva ses lettres de noblesse qu’au XVIIIe siècle. En Asie,
le chat reste synonyme de chance, de richesse ou de longévité.
Ce félin a laissé
son empreinte dans la culture populaire et artistique, tant au travers
d’expressions populaires que de représentations diverses au sein
de la littérature, de la peinture ou encore de la musique.
Dénomination
Le chat domestique mâle
est couramment appelé un « chat » tandis que la femelle
est une « chatte » et le jeune un « chaton ». Le
mot chat vient du bas latin cattus qui d’après le Littré
dans son édition de 1878, provient du verbe cattare, qui signifie
guetter, ce félin étant alors considéré comme
un chasseur qui guette sa proie. Cette dernière interprétation
porte à controverse, au vu des termes utilisés dans les langues
afro-asiatiques[2],[3]. En latin classique, « chat » se disait
felis (d’où, en français, félin, félidés,
etc.), mais désignait uniquement le chat sauvage d’Europe, tandis
que cattus s’appliquait au chat domestique.
On désigne aussi
plus familièrement le chat par minet et la chatte par minette. Ce
terme, attesté dès 1560, provient de mine, nom populaire
du chat en gallo-roman. Ce mot est à l’origine de l’expression dès
potron-minet, qui signifie « de bon matin ». D’après
le Littré, il s’agirait d’une déformation de paître
au minet, c’est-à-dire du moment où le chat, qui se lève
tôt, va chercher son paître : sa pâture, sa nourriture…
Cette explication doit sans doute à la pudeur de cet auteur du XIXe siècle :
selon Claude Duneton, cette expression provient de poitron-jacquet, jacquet
désignant un écureuil (animal matinal marchant la queue levée)
et poitron désignant le postérieur. Dès potron-minet
signifie donc : « à l’heure où l’on voit le derrière
du chat ». Quant au « minet » ou à la « minette »
qui « fait des mines », lorsque ce terme est appliqué
à l’être humain, c’est un jeune homme ou une jeune fille qui
s’efforce de plaire et se préoccupe beaucoup de son apparence.
Un chat mâle non castré
est un « matou », terme à l’origine incertaine qui viendrait
peut-être d’une dérivation de mite comme dans chattemite.
Le chat est aussi nommé familièrement « mistigri »,
mot-valise composé du préfixe miste, signifiant adroit, et
de gris, la couleur.
En argot, un chat s’appelle
un « greffier ». Deux explications s’opposent, qui peut-être
n’en font qu’une : d’une part, le jeu de mot sur griffe est évident ;
d’autre part, la fourrure de certains chats noirs comporte une sorte de
plastron blanc sur le poitrail, et celui-ci évoque le rabat blanc
que l’on voyait sur la robe noire des greffiers
Squelette et muscles
Le squelette est composé
de 250 os. Les vertèbres du cou sont courtes, et la colonne vertébrale
est très souple. La clavicule des chats, de petite taille comme
pour tous les félins, est reliée au sternum par un unique
ligament : cela lui confère une grande souplesse, les épaules
pouvant bouger indépendamment l’une de l’autre. Comme tous les carnivores,
la dernière prémolaire supérieure et la première
molaire inférieure forment les carnassières qui permettent
au chat de déchirer sa nourriture, grâce à des muscles
puissants fixés aux parois latérales de son crâne,
et de l’avaler sans la mâcher. L’os hyoïde est entièrement
ossifié, ce qui permet au chat de ronronner mais pas de rugir.
Les pattes sont pourvues
de griffes rétractiles. Le chat possède cinq doigts aux pattes
antérieures, dont seulement quatre touchent le sol, le pouce restant
à l’écart, ainsi que quatre doigts aux pattes postérieures.
Des cas de polydactylie existent et certains standards de races de chat
l’admettent dans les concours. Les coussinets ou pelotes, sont constitués
d’une membrane élastique qui confère une marche silencieuse.
Ces spécificités
confèrent à l’animal une grande souplesse et une détente
ample lors des sauts : il peut notamment sauter à une hauteur cinq
fois supérieure à sa taille. À la course, sa vitesse
moyenne est de 40 km/h et il met 9 secondes pour faire 100 m, mais il n’est
pas un coureur de fond et il se fatigue assez vite. Contrairement à
ce que l’on peut penser, tous les chats savent très bien nager et
ils n’hésiteront pas à se jeter à l’eau s’ils y sont
contraints.
Un chat pèse en moyenne
entre 2,5 et 4,5 kg et mesure de 46 à 51 cm sans la queue, de 20
à 25 cm de long. Le record de poids et de taille est détenu
par Himmy, un chat castré australien qui, à sa mort en 1986,
pesait 21,3 kg pour 96,5 cm de longueur totale et un tour de taille de
84 cm.
Chat au pelage mi-long
Les types de pelages sont
nombreux, car très variables en fonction des races. Le pelage du
chat est composé de poils longs (jarre) et portant les marques de
la robe (taches par exemple). En dessous se trouvent les poils plus courts
(bourre), puis le duvet. Cette organisation permet une bonne isolation
du corps. Il existe des poils longs, courts, frisés, et même
crépus. Certaines races, comme le sphynx, sont presque dépourvues
de poils : un très léger duvet recouvre le corps, ainsi que
la queue.
La robe d’un chat est composée
d’une ou plusieurs couleurs qui forment diverses combinaisons (les motifs)
appelés patrons : certains individus présentent de larges
taches, d’autres des rayures ou des mouchetures, d’autres encore un pelage
uni. La robe peut aussi avoir une pigmentation plus foncée vers
les extrémités du corps (robes colourpoint, mink et sépia).
L’alliance des différentes couleurs et des patrons donnent toutes
les variations de fourrure possibles pour un chat. La couleur de la fourrure
du chat peut prendre de nombreuses teintes (noir, blanc, bleu, roux…),
plus ou moins diluées ou foncées. Les mâles pour des
raisons génétiques ne peuvent avoir qu’une seule ou deux
couleurs à la fois (sauf exceptions) ; seules en principe les femelles
peuvent en comporter trois : ce sont les robes écaille de tortue
et calico. Un effet désigne une teinte aux reflets changeants due
à la variation de clair et de foncé sur la longueur du poil
(robes chinchilla, shaded, smoke ou cameo).
Les sens
Prédateur crépusculaire
(coucher et lever du soleil) à l’origine, le chat possède
des sens très développés. Il perçoit son univers
différemment des humains, et on lui a même prêté
des pouvoirs surnaturels. Il existe ainsi de nombreuses légendes
de chats ayant prédit des tremblements de terre ou autres catastrophes.
L’explication la plus probable est que son oreille est apte à percevoir
des vibrations inaudibles pour les humains.
L'ouie
De 60 à 80 % des
chats blancs aux yeux bleus sont sourds.
Son ouïe est particulièrement
sensible dans les hautes fréquences : il perçoit des ultrasons
jusqu’à 50 000 Hz alors que l’oreille humaine est limitée
à 20 000 Hz. Son pavillon en cornet peut être orienté
grâce à vingt-sept muscles, ce qui lui permet de pivoter chaque
oreille indépendamment pour localiser avec précision la source
d’un bruit et sa distance.
La surdité des chats
blancs est liée au gène « W », qui est responsable
de l’absence de pigment dans le poil, qui paraît blanc. Il est en
effet démontré que l’allèle W est directement responsable
d’une dégénérescence de l’oreille interne, occasionnant
la surdité. La surdité ne s’exprime pas systématiquement
chez tous les chats : elle peut être la surdité bilatérale,
unilatérale ou absente. Le chaton naît normal mais vers l’âge
d’une semaine, son oreille interne, au lieu de continuer à se développer
subit des altérations progressives. La dégénérescence
est généralement complète à trois semaines.
La vue
La vue est son sens primordial.
Son champ de vision est plus étendu que celui des humains : l’angle
de vision binoculaire est de 130°, pour un champ de vision total de
287°, contre seulement 180° chez l’homme, ce qui reste cependant
loin du record absolu du monde animal.
L’intensité lumineuse
influence la forme de la pupille : allongée en fente étroite
en pleine lumière, elle se dilate en un cercle parfait à
la pénombre. Contrairement à une idée répandue,
il est incapable de voir dans le noir complet. Il est toutefois beaucoup
plus performant que l’œil humain dans la pénombre. La nuit, l’aspect
brillant des yeux est dû à une couche de cellules de la rétine,
appelée tapetum lucidum, qui agit comme un miroir et renvoie la
lumière perçue, ce qui la fait passer une seconde fois dans
la rétine et multiplie son acuité visuelle dans l’obscurité.
En revanche, il semblerait
(cela est encore discuté) que le chat ne perçoive pas la
couleur rouge et que, d’une manière générale, il distingue
très mal les détails. Sa vision est granuleuse sur les images
fixes tandis qu’un objet en mouvement lui apparaît plus net (par
exemple une proie en mouvement).
Une particularité
de l’œil du chat est qu’outre les paupières inférieure et
supérieure, il est protégé par une troisième
paupière, la membrane nictitante. Celle-ci se ferme à partir
du bord inférieur du coin interne de l’œil vers l’extérieur.
Quand elle ne se referme pas complètement, c’est souvent le signe
d’un problème de santé chez le chat. Les chats peuvent avoir
les yeux de différentes couleurs comme bleus, verts, jaunes, marrons...
L'odorat
L’odorat a une grande importance
dans la vie sociale du félin pour délimiter son territoire.
Par ailleurs, c’est son odorat développé qui lui permet de
détecter la nourriture avariée et empoisonnée. Il
possède deux cents millions de terminaux olfactifs, contre cinq
millions pour l’homme.
Le goût
Le sens du goût est
développé chez le chat, moins que chez l’homme cependant :
chez le chat adulte, on compte 250 papilles comptant 2 000 bourgeons gustatifs.
Contrairement au chien, le sens gustatif du chat est localisé à
l’extrémité de la langue, ce qui lui permet de goûter
sans avaler. Il est sensible à l’amer, à l’acide et au salé,
mais non au sucré.
Le toucher
Son sens du toucher est
également bien développé. Ses vibrisses (moustaches,
mais il y en a aussi aux pattes, sous le menton, les sourcils) lui indiquent
la proximité d’obstacles, même dans l’obscurité totale,
en lui permettant de détecter les variations de pression de l’air.
Celles-ci lui permettent aussi de mesurer la largeur d’un passage. Il ne
faut surtout pas les couper car le chat serait déstabilisé.
Les coussinets garnissant ses pattes sont très sensibles aux vibrations
et sa peau est constellée de cellules tactiles extrêmement
sensibles.
Autres sens
Organe de Jacobson
L’organe de Jacobson est
un véritable sixième sens. Comme le chien ou le cheval, le
chat est capable de goûter les odeurs à l’aide de son organe
voméro-nasal. Il retrousse ses babines pour permettre aux odeurs
de remonter par deux petits conduits situés derrière les
incisives jusqu’à deux sacs remplis de fluide dans les cavités
nasales chargées de concentrer les odeurs.
Comportements
Le chat est d’une nature
très indépendante. Contrairement au chien, il se promène
seul. C’est un animal rituel qui apprécie bien les situations récurrentes
(heures fixes pour les repas par exemple). Bien que territorial, c’est
un animal social. Bon nombre de chats harets vivent en groupe.
Communication
Les chats communiquent
principalement entre eux par des phéromones ou des positions corporelles.
Les glandes contenant les
phéromones se trouvent en de nombreux points sur le corps : glandes
anales, autour de la queue et de la bouche, sur les joues, entre les coussinets
et se déposent également dans la salive, les selles et l’urine.
Elles ont l’avantage de pouvoir durer dans le temps, même en l’absence
du chat, contrairement aux vocalises ou aux positions corporelles. Elles
peuvent être déposées de manière volontaire
(marquage du territoire, contacts sociaux comme l’allotoilettage…) ou involontairement
(stress, attachement de la mère à ses chatons, phéromones
sexuelles). Le chat utilise également une large gamme de positions
corporelles pour communiquer. La position générale du corps,
ses mimiques faciales ou les mouvements de sa queue, de ses yeux et de
ses oreilles indiquent l’état dans lequel se trouve le chat. En
dehors de la relation entre une chatte et ses petits, le miaulement est
très peu utilisé lorsque des chats communiquent entre eux.
Par contre, au contact de l’humain, il continue souvent à utiliser
différentes vocalises pour communiquer.
Miaulement
Le miaulement est un cri
caractéristique du chat. En général, le chat est d’un
tempérament plutôt discret mais certaines races, notamment
les siamois, sont plus « bavardes » que d’autres.
Le chat crie souvent et
fortement quand il cherche un compagnon ou une compagne. Certains disent
alors qu’il « margotte », au sens figuré. Les miaulements
sont poussés tout d’abord par la femelle au début de l’œstrus
puis pendant toute la période d’accouplement, par le mâle
et la femelle, avec de nombreuses variations possibles.
Plus rarement, le chat émet
un miaulement saccadé d’intensité faible lors d’une frustration,
comme lorsqu’il voit une proie hors de portée tel un oiseau ou un
insecte volant. Ce miaulement est souvent accompagné de claquement
des mâchoires, parfois accompagné de vifs mouvements de queue,
que l’on pourrait comparer à notre expression avoir « l’eau
à la bouche ».
En présence de l’humain,
le chat très imprégné utilise souvent un registre
spécifique, qui varie selon l’individu et qui semble en grande partie
acquis. Selon le chercheur John Bradshaw, le chat peut utiliser une dizaine
de vocalises selon les circonstances et sa situation. Ainsi, il peut accueillir
son maître avec des petits miaulements brefs en rafales (comme s’il
« aboyait »), saluer les passants, demander une action spécifique
(le brossage, par exemple), signaler qu’il a faim, ou mal.
Grognement
Le chat, en position d’attaque
ou de défense, est aussi capable de grogner et de souffler. Le terme
de feulement est également utilisé dans le sens de grondement.
Par exemple, de nombreux grognements et sifflements - en plus des miaulements
- sont émis par les mâles qui s’affrontent pour la femelle
lors des périodes de reproduction.
Sommeil
Le chat a besoin d’entre
12 et 16 heures de sommeil, mais en général il dort plus,
soit en moyenne 15 à 18 heures par jour. Il reste ainsi éveillé
environ 8 à 12 heures, dont une partie de la nuit pour chasser.
Le chat est un animal avec
une grande proportion de phases de sommeil paradoxal pendant lesquelles
il rêve : la durée quotidienne de cette phase dure de 180
à 200 min chez le chat, contre environ 100 min pour l’homme. C’est
pour cette raison que le chat est fréquemment utilisé dans
le cadre d’expérimentations sur les cycles du sommeil.
Durant les phases de sommeil
paradoxal, l’activité électrique du cerveau, des yeux et
des muscles est très importante: plusieurs mouvements surviennent
tels que l’agitation des vibrisses, les sursauts des pattes ou de la queue,
le hérissement du pelage, le battement des paupières, le
changement de position…
Il est à noter que
ces phases de sommeil paradoxal sont très importantes chez le chat :
cela lui permet de garder un équilibre au niveau mental (puisqu’il
rêve de chasse, de ce qu’il fait durant le temps où il est
éveillé). Ce sommeil paradoxal peut voir son temps augmenté
par des repas échelonnés au cours de la journée. Durant
ce sommeil paradoxal il est fort probable que le chat capture une proie
imaginaire puisque il est possible d’observer chez certains individus quelques
mouvements des membres qui évoquent des positions de chasse. Lorsque
le chat entre dans une phase de sommeil paradoxal, le tracé de son
encéphalogramme est analogue à celui de l’éveil malgré
une totale perte de conscience : le système nerveux fonctionne probablement
à vide, soit pour sélectionner et mettre en mémoire
les événements de la journée, soit pour évoquer
le souvenir des perceptions passées, d’où l’hypothèse
que le sommeil paradoxal est un témoin de l’activité onirique.
Griffades
La pousse des griffes du
chat est continue, et compense leur usure naturelle. Le chat peut ajuster
la longueur et aiguiser ses griffes en les frottant contre une surface
rugueuse : il « fait ses griffes ». Les griffades sont des
marquages visuels et olfactifs. Ce comportement est un outil de communication.
Le chat possède entre
les coussinets des glandes sudoripares émettrices de phéromones
qui servent à signaler son passage aux autres chats. En outre, les
traces de griffades sont un marquage visuel, pour signaler la présence
d’un chat sur le territoire.
L’onyxectomie, est parfois
pratiquée par les propriétaires : elle consiste en l’ablation
totale de la griffe et l’amputation de la troisième phalange sur
laquelle celle-ci est insérée. Le plus souvent, elle n’est
réalisée que sur les pattes antérieures. La plupart
des associations de défense des animaux condamnent cette opération,
considérée comme cruelle. L’animal privé de ses griffes,
incapable de se défendre ou de grimper aux arbres, devient également
plus vulnérable puisqu’il ne peut échapper à ses prédateurs.
L’ablation des griffes est couramment pratiquée aux États-Unis
et au Canada. Cette opération est en revanche interdite dans 29 pays,
principalement européens. D’autres techniques de dégriffage,
moins douloureuses pour le chat, existent, comme la tendinectomie ou la
brûlure des nerfs au laser.
Toilette
Lors de leur toilette,
ils avalent de nombreux poils morts qui s’accumulent dans l’estomac, formant
des boules de poils, appelées trichobézoards. Cela perturbe
leur transit intestinal et ils sont obligés de les régurgiter
afin d’éviter une occlusion intestinale.
L’« allotoilettage »
(action de se lécher mutuellement) est réservé aux
chats qui se connaissent et s’apprécient. Ils se lèchent
pour échanger leur odeur et déposent sur l’autre des phéromones
apaisantes. Quand ils s’entendent bien, les chats adultes dorment volontiers
ensemble, serrés l’un contre l’autre comme lorsqu’ils étaient
chatons. Un moyen de se procurer mutuellement chaleur et sécurité.
En dormant ensemble, les chats échangent aussi leur odeur.
Lapement
Le chat, à l’instar
des félidés, a une technique de lapement différente
des autres animaux. On pensait que les papilles cornifiées de sa
langue lui servaient à retenir l’eau mais il en est tout autre.
Alors que l’homme boit par la technique de succion et que le chien, comme
beaucoup d’autres vertébrés, plonge le museau et plie sa
langue comme une cuillère, ce qui amène le liquide vers sa
gueule, le chat plie la pointe de la langue vers le bas et vers sa face
dorsale pour effleurer le liquide, puis la retire aussitôt, ce qui
crée une colonne de liquide. Le chat, au moment où la gravité
reprend le pas sur la force d’inertie et va faire retomber la colonne,
referme sa mâchoire et aspire alors une partie de cette colonne.
Cette technique de lapement (en moyenne 4 lapées par seconde pour
le chat, moins pour les félidés plus gros) a été
modélisée mathématiquement et reproduite par un robot
(disque de verre rond remontant par un piston à la même vitesse
que la langue féline, soit 1 m/s). Une hypothèse expliquant
cette technique sophistiquée met en cause la région extrêmement
sensible du nez et des moustaches du chat, ce dernier lapant en cherchant
à maintenir cette région la plus sèche possible.
Déjections
Les chats, dans la nature,
choisissent un coin de terre meuble pour y laisser leurs déjections.
Ils les recouvrent ensuite de terre, en grattant cette dernière
avec leurs pattes avant. L’odeur des selles déclenche le recouvrement ;
cela permettait à l’état sauvage de ne pas faire repérer
leurs odeurs par les prédateurs et de diminuer les risques d’infections
parasitaires. Elle est donc quasiment instinctive, et est inculquée
très tôt par la mère aux chatons.
Le chat défèque
une à deux fois par jour et urine jusqu’à cinq fois par jour.
Il ne faut pas confondre le marquage urinaire, c’est-à-dire l’opération
de marquage du territoire, et la miction, où le chat « se
soulage »: dans le premier cas, le chat est debout, la queue levée
et dos à l’élément qu’il compte marquer, dans le second
cas, il adopte une position analogue à celle de la défécation.
La défécation enfouie ne constitue probablement pas un signe
du marquage du territoire chez le chat, au contraire des déjections
situées bien en vue sur des lieux de passage des chats (en hauteur,
par exemple sur une souche).
Avec le vieillissement
de l’animal, le volume d’urine peut croître à cause de fréquents
problèmes bénins d’hyperthyroïdie.
Maturité sexuelle
Le développement
des fonctions reproductrices du chat mâle commence vers trois mois
avec l’augmentation de la production de testostérone. Vers six ou
sept mois des épines apparaissent sur le pénis du chat. À
cet âge, il peut commencer à se reproduire et souvent, marque
son territoire en émettant des jets d’urine très odorants.
La femelle devient pubère
dès son premier œstrus (communément appelé « chaleurs »)
qui survient en moyenne entre sept et dix mois. Dès les premières
chaleurs, qui durent de un à cinq jours, la chatte est capable de
se reproduire. Elle connaît ensuite de nombreuses périodes
de chaleurs, généralement situées du printemps à
l’automne. Il est possible qu’une chatte soit de nouveau fécondée
deux semaines après avoir mis bas.
Accouplement
Lorsque les mâles
sont à même de pouvoir s’accoupler avec la femelle, encore
faut-il que cette dernière les accepte. Lors de l’accouplement,
qui dure entre 5 et 15 secondes, le mâle monte sur le dos de la femelle
et lui mord la peau du cou et piétine la croupe pour améliorer
la pénétration. Sur la fin, la femelle a tendance à
gémir et à s’énerver, car les petites épines
présentes sur le pénis du mâle orientées vers
l’arrière raclent les parois du vagin de la femelle. Cette stimulation
du vagin est nécessaire pour déclencher l’ovulation chez
la chatte. À chaque pénétration, la chatte émettra
un nouvel ovule, ce qui explique pourquoi les chatons d’une même
portée peuvent être de pères différents.
Gestation et mise bas
La gestation dure 63 à
65 jours et une portée compte en moyenne quatre à cinq chatons,
le maximum étant de huit. Le ventre de la chatte commence à
gonfler vers quatre semaines de gestation. À environ 35 jours, les
mamelles de la femelle grossissent et rosissent. À sept semaines,
elle commencera à chercher un endroit calme et convenable pour accoucher.
Environ vingt minutes après
ses contractions, la chatte met bas son premier chaton, puis, en général,
les autres chatons arrivent toutes les quinze minutes. Les chatons arrivent
dans une poche, la chatte lave immédiatement ses petits à
coups de langue pour stimuler leur première inspiration. Ensuite,
elle mange le placenta, qui est très nutritif, et coupe le cordon
ombilical.
L’élevage des chatons
Lorsque les chats vivent
en groupe, il y a une synchronisation de l’œstrus entre les femelles du
groupe. Ceci favorise les naissances synchronisées et permet un
élevage communautaire des jeunes. L’élevage communautaire
est important car en cas de disparition d’une des mères, les chatons
orphelins sont élevés par les autres femelles. Notons que
de nombreux cas ont montré que, chez le chat domestique, l’élevage
des chatons orphelins peut être la tâche d’une chatte ou d’un
chat stérilisé. La synchronisation de l’œstrus permet donc
juste l’allaitement par des femelles elles-mêmes allaitantes. Selon
N. Magno, psychologue et passionnée d’éthologie, le comportement
maternel est indépendant des hormones ovariennes ; il peut être
stimulé par une forte chute du niveau d’œstrogène et de progestérone,
qui se produit après la stérilisation comme après
la mise bas.
Le chaton naît aveugle
(les yeux fermés) et sourd et pèse de 100 à 110 g;
lorsqu’il ouvre les yeux, à l’âge de huit à douze jours,
ils sont de couleur bleue jusqu’au changement définitif (vers deux
mois). Tous les chatons naissent avec des rayures fantômes qui disparaissent
peu à peu avec la pousse du poil.
La chatte apprend aux chatons
à se laver, se nourrir, etc. À quatre semaines, elle leur
apporte leur première proie vivante, puis à cinq semaines,
elle leur apprend les rudiments de la chasse. L’émancipation se
produit entre huit à douze semaines, mais la séparation de
la famille se déroule à l’âge de six à huit
mois.
Stérilisation
La stérilisation
est une opération chirurgicale destinée à empêcher
la reproduction de l’animal. Chez le mâle, elle est appelée
castration et consiste en l’ablation des testicules. Chez la femelle, la
stérilisation est effectuée par l’ablation des ovaires :
l’ovariectomie.
Outre l’arrêt de la
reproduction (limitation de la taille de population), la stérilisation
modifie le comportement et la physiologie de l’animal. Chez le mâle,
une stérilisation précoce (avant la puberté) limite
le comportement territorial et diminue la tendance au marquage (urine,
griffades). Les chaleurs des femelles s’arrêtent. Les changements
hormonaux accompagnant la stérilisation peuvent provoquer une prise
de poids car les besoins énergétiques sont réduits.
Comme le chat est encore en pleine « adolescence », il faut
limiter le développement des cellules graisseuses. Si le chat est
trop nourri au regard de ses nouveaux besoins, leur nombre aura tendance
à augmenter. C’est pourquoi il est fortement recommandé de
surveiller le régime alimentaire du chat stérilisé
(mâle ou femelle) pendant les trois mois qui suivent l’intervention.
Ainsi, à l’âge adulte, les risques d’obésité
deviendront minimes.
Pour les femelles, la prise
de pilules ou de piqûres contraceptives, qui bloquent le cycle de
reproduction et fait disparaître les chaleurs, sont parfois utilisées
comme une alternative à la stérilisation chirurgicale. Les
injections, quant à elles, permettent de stériliser provisoirement
une femelle sur de plus longues périodes. En général,
leurs effets s’étalent sur trois mois lors de la première
injection, puis sur cinq mois si l’on poursuit régulièrement
le même traitement. Étant incompatibles avec un état
de gestation, elles doivent être administrées de préférence
en dehors des périodes de chaleurs, sous peine de risques d’infections.
Ces méthodes de contraception sont soupçonnées d’avoir
des effets secondaires comportementaux et cancérigènes.
Longévité
Le chat domestique a une
longévité atteignant régulièrement 12 à
18 ans. Creme Puff (3 août 1967 au 6 août 2005), qui mourut
à l’âge de 38 ans et 3 jours, est le plus vieux chat jamais
enregistré, selon l’édition 2007 du livre Guinness des records ;
il vivait avec son propriétaire, Jake Perry, à Austin, Texas,
États-Unis. Le précédent record était antérieurement
détenu par Puss, chat tigré britannique mort en 1939 à
l’âge de 36 ans.
Chats célèbres
Au contraire du chien ou
du cheval, célèbres par leur actes, le chat, de par son comportement
indépendant, est surtout connu comme l’animal de compagnie de personnages
célèbres. Tels les chats tueurs de souris de la résidence
du premier ministre du Royaume-Uni ou les chats des écrivains (« Hodge »,
le chat de Samuel Johnson ou encore « Kiki la Doucette », « Toune »
et « Minionne » de Colette), la célébrité
d’un chat s’acquiert par la notoriété de son maître.
Cependant quelques chats
se démarquent, comme Oscar, qui détecterait la mort imminente
des patients d’une unité hospitalière de Rhode Island, ou
encore Orangey, le chat acteur.
Superstitions
Au Japon, le chat est un
porte-bonheur au travers des Maneki-Neko, ces talismans représentants
un chat avec la patte derrière l’oreille. Diverses légendes
attribuent aux chats le pouvoir de prédire le temps qu’il fera :
en Thaïlande, la bienveillance du dieu Indra est demandée au
travers d’un rituel consistant à asperger d’eau un chat dans une
cage, promenée autour du village. Les chats pourraient aussi prévoir
les séismes. On lui associe aussi le chiffre neuf : les sorcières
pouvaient se changer en chat neuf fois, le chat aurait neuf vies et pourrait
avoir neuf propriétaires différents, le dernier étant
emporté en enfer.
En Europe, le chat est le
représentant du diable au Moyen Âge, ou est offert par celui-ci
pour enrichir son propriétaire, comme la légende provençale
des matagots qui ramènent une pièce d’or chaque matin. Le
chat amène aussi les sorcières au sabbat sur leur dos ; celles-ci
peuvent aussi se jucher sur des chars tirés par des chats, de la
même manière que la déesse Freya. De nombreux sorciers
prennent la forme de chat durant leur réunion : c’est ce que reconnurent
les sorciers du Vernon lors de leur procès en 1566.
Le chat noir est particulièrement
sujet aux superstitions et croyances. En France, le noir et le rouge représentent
les couleurs du diable ; aussi les chats noirs étaient-ils souvent
rejetés de peur qu’ils n’attirent le malheur. Au contraire, au Royaume-Uni,
croiser un chat noir porte bonheur.
(http://fr.wikipedia.org/)